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Hajja El Hamdaouia, diva de l’Aïta moderne

L’exposition-playlist n°1 Hajja El Hamdaouia, diva de l’Aïta moderne est à découvrir sans modération sur Youtube depuis le 31 août.

L’exposition-playlist n°1 Hajja El Hamdaouia, diva de l’Aïta moderne est à découvrir sans modération sur Youtube depuis le 31 août.

Née en 1930 dans un quartier populaire de Casablanca, Hajja El Hamdaouia découvre la musique par son père mélomane. Sa carrière commence au début des années 1950, dans le théâtre d’abord puis rapidement dans la musique. Après une chanson engagée où elle se moque de Ben Arafa (Waili a chibani), considéré comme illégitime remplaçant de Mohamed V, elle s’exile en France où elle est la première artiste féminine à chanter du châabi en Europe. Elle se produit dans divers cabarets parisiens et côtoie les artistes orientaux de l’époque (Mohamed Fouiteh, Maurice Mimun, Samy Elmeghribi…).
Elle rentre au Maroc après le retour au pouvoir du roi Mohamed V en 1955 et se produit au prestigieux music-hall casablancais le « Coq d’or » au côté de Salim Hilali.  
Les années 80 et 90 sont des années d’oubli mais la diva fait son grand retour dans les années 2000, se produisant notamment en France et au Canada.

« Je suis toujours émue quand je vois des enfants ou des jeunes chanter mes chansons, je me dis que j’ai réalisé quelque chose dans ma vie, je crois » 

Hajja El hamdaouia
Pochette de vinyle de Hajja El Hamdaouia

Elle est notamment célèbre pour avoir moderniser l’Aita Marsawiya, un style musical engagé (Aïta signifiant « appel »), originaire de la région du Grand Casablanca et chanté en dialecte marocain. Hajja El Hamdaouia est la première à mélanger le châabi, musique populaire, à l’Aïta et incorporer des instruments modernes, elle participe ainsi à « l’urbanisation » du chant rural des terroirs atlantiques.
Ses nombreuses rencontres avec le monde de la musique orientale, notamment à Paris pendant son exile, lui valent aussi d’exceller dans le Mawal gharnati, les chanson algériennes et tunisiennes, judéo arabes et même le flamenco espagnol. On peut la voir également chanter dans le film « Retrouver Oulad Moumen » de Izza Genini où elle interprète « Ma yiddishe mama ».
Elle accompagne sa voix unique du bendir et de la taarija, elle crée son premier orchestre en 1959 pour se produire. Ses chansons, qui reprennent de nombreux sujets : amour courtois et osé, trahison, famille, violences conjugales, résistance, amour de son pays… sont pleines de nostalgie et d’humour pour les marocains qui les fredonnent.

Pochette de vinyle de Hajja El Hamdaouia

La trajectoire de cette artiste, ses chansons et allusions fines et coquines font de Hajja El Hamdaouia « la figure emblématique qui permit aux femmes de retrouver la paroles » pour Rabah Mezzouane, programmateur musical de l’Institut du Monde Arabe et journaliste musical.
Dans les années 1950, quand elle se fait remarquer et commence à jouer au théâtre dans la troupe de Bachir Laalej, elle est l’une des premières femmes au théâtre au Maroc, puisqu’à l’époque même les rôles de femmes étaient joués par des hommes. Elle s’oppose à son père qui au départ refusait sa carrière et qui l’a quasiment reniée. Elle joue également au football et s’engage pour son pays contre la France. 
Cette vie de femme engagée se retrouve dans ces chansons où elle exprime ouvertement sa féminité, parle de sexe et d’amour, de violences conjugales, la résistance et son pays.
Cette artiste exceptionnelle est à découvrir et à redécouvrir dans la première playlist du Musée de la Musique sur Youtube, bonne découverte ou redécouverte !

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